Nono's profile NONOWAVES PhotosBlogListsMore Tools Help

Blog


    gizmo blog, cacaaaaaaaa

    Msn quand tu nous tiens... N'allons pas croire qu'il nous restera toujours un espace de liberté intime qui échaperait au jeu de la concurrence et de la compétition :

    1) Avant : il s'agissait de construire des cercles, de sociétés, des villes et des pays, qui demanderaient des comptes aux violents, aux blasphémateurs de tout bord. Ceux qui n'étaient pas d'accord mourraient tués ou bien dans l'isolement. Le groupe était donc le nouvel espace de liberté restreint des anciens sauvages des plaines et des forêts. Le resserrement des liens allait creer un nouveau sport humain que l'on pourraît appeler "la compétition sociale". Cette compétition pour les petits sommets entraîne l'usage de différents comportements distinctifs plus ou moins laborieux : Comportements vestimentaires (pensez à la courre du roi), comportement oraux (sénacles, réunion privées entre amis...). Mais il ne s'agissait pas de mettre en scène une quelconque façon de raconter sa vie. Les réseaux efficaces n'existaient pas. La concurrence portait donc sur des apparences, des signes extérieurs, laissant ainsi l'espace mental de chacun à l'abrit de la vindicte ou de l'appréciation. A part cela on faisait du théatre ou bien l'amour.

    2) Aujourd'hui : Nous sommes plus nombreux, les groupes sont effémères, la communication est rapide, les espaces d'expression et de publication sont à la portée de tous (le net en particulier). Nous avons donc les moyens de nous adonner à l'industrialisation des processus d'amitié : chat en direct, liste d'amis, classification des personnes selon le nombre de conversations par exemple (pour ceux qui aiment bien ranger les gens à leur bonne place). Pourquoi cette industrialisation ? Par manque de temps ? Par confort d'une gestion depuis chez soi ? Pour remplacer la poste et le téléphonne ? Oui il y a de tout ça mais il y a aussi une raison additionnelle qui m'inquiette : la gestion de la compétition. Toutes les amitiés virtuelles sont concurrentes dans la mesure ou elles consomment de l'émotion, de l'espace et du temps disponibles en quantité limitée seulement. Certains sont des pros du clavier de la souris et savent gérer la concurrence entrante (les postulants à la conversation), d'autres (parfois les mêmes) sont des pros de la concurrence sortante (le ciblage conversationnel). Attention je ne dis pas que tout le monde se comporte toujours ainsi sur le chat mais c'est tout de même fréquent. Mais bon, pas de quoi s'alarmer encore. La concurrence porte sur l'accès aux échanges et l'amitié. L'apparence (à travers l'écriture) est encore à peu près de mise pour obtenir les faveurs. Le temps quant à lui devient extrêment précieux (il vaut mieux bosser à mi-temps pour chatter efficacement et tout azimuth sinon gare aux insomnies !). L'amitié étant normalement quelque chose de très personnel j'estime tout de même curieux que les nouvelles technologies accroissent les phénomènes de concurrence sur ce domaine. C'est le phénomène "Boite de nuit" chez soi. La pression sociale, les nouvelles formes d'amitié anonymisée ont popularisé l'idée d'un processus industriel des constructions sociales et de l'acte d'appartenance à des groupes. Les phénomènes de concurence dans les réseaux d'amis ne sont évidemment pas nouveaux mais leur industrialisation oui. Bienvenus dans l'ère de l'amitié assistée par ordinateur (AAO).

    3) Aujourd'hui et demain : Alors quoi de neuf ? Les blogs biensûr ! Généralisation du "profil" !!! Là c'est extraordinaire : un pas de géant a été franchi : on y met son journal perso, sa vie mentale, ses goûts, ses humeurs... Et attention on dispose de moyens de référencer un blog plus populaire qu'un autre, plus intéressant... Qui n'a pas cèdé à la tentation d'aller visiter le blog d'un contact MSN ? Il nous est même parfois permi de voir le blog de l'ami d'un ami, et même de proposer d'entrer en contact depuis le blog. Le blog est potentiellement au service de la popularité, techniquement tout est fait pour le rendre possible. La compétition porte sur la mise en scène du contenu de nos humeur (humour, poésie par ex, gare à celui qui ne fidèlisera pas son lectorat, gare à celui ou celle qui n'a plus la force de pigmenter ses doutes ou sa solitude). Elle porte aussi sur les humeurs elles-mêmes : le niveau d'information est parfois si intime qu'il est tentant de s'en suffire pour se faire une idée de son auteur, le/la détester, l'aimer, l'ignorer. Bref la compétition s'empare de nos âmes. L'âme humaine comparée, publiée, travaillée, est sur le devant de la scène internet. La concurrence porte sur la possibilité qu'ont chacun et chacune de se sentir exister sous le regard des autres ? Mort à l'espace intime ? Vive l'espace perso ?

    Conclusion : Félicitation à celles et à ceux qui possèdent un blog secret ( ;-) ) !! La pression est forte tenez bon ! Nous appliquons notre esprit de compétion à des choses de plus en plus personnelles (*). C'est fou ça ? Le galop démographique est-il si puissant que cela ? Qui l'eu cru... Remarquez... c'est une façon d'atomiser la vie non factuelle tout en s'isolant pénard chez soi. Merci (et Adieu ?) Sartre ("nous ne sommes rien de plus que..."). L'âme humaine est sortie de son trou pour vivre sous un faux soleil, elle ne s'en remettra peut-être pas. Bientôt on discutera directement ADN. :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-( :-(

    Bises et Bonne fin de soirée à toutes et à tous. Arnaud. à demain.

    (*) et non sans un certain manque de lucidité sur certains motifs profonds : les motifs de la communication chez l'animal et plus particulièrement chez les mamifères évolués.

    no futur

    "Nous ne sommes rien de plus que ce que nous faisons" (Sartre)

    Le climat part en couille et les modèles prédictifs du passé ne sont jamais parvenus à la hauteur de la réalité du réchauffement actuel. Alors : que penser des modèles actuels qui prédisent le futur ? Faut-il vraiment les ignorer ? Les prédictions actuelles sont donc probablement en dessous de la réalité future....... Nous sommes mal barrés !! Idem pour la démographie ? Le Point titrait "Les banlieues : l'avenir de l'humanité". Ne croisons pas les doigt, ça ne sert à rien.

    Mais il y a pire encore :

    L'univers mourra. La probabilité pour qu'un constituant élémentaire de la matière (quark, leptons... qui forment les neutrons, les protons et les noyaux atomiques) se désintègre spontanément en énergie est extrêment faible mais absolument pas nulle. Donc si on attend suffisamment de temps (des milliards à la puissance des milliard d'années), l'ensemble des particules élémentaires auront disparu en une soupe énergétique très proche de la température 0 degrés kelvin, une soupe ultra dilatée à cause de l'expansion de l'univers, une soupe qui ne s'effondrera pas à nouveau sur elle-même. Bref la fin de tout. Il faut bien se mettre dans la tête que le crédit accordé au futur et tous les espoirs fondés en l'espèce humaine se limitent à une barrière physique inéluctable : la disparition d'abord complète et définitive de toute forme de vie, puis de toutes les traces de son existence passée puis de tout ce qui a permis son existence : la matière elle-même disparaîtra. Et surtout il n'y aura plus jamais rien pour se souvenir de moi, de vous, de nous tous : Plus d'archéologues, plus d'extraterrestres, plus de robots, plus de fouilles, plus de photos, plus rien mais vraiment plus rien de rien.

    Les gens se demandent si leurs enfants, petits enfants, petits petits enfants, etc recevront une planète potable entre les mains. Ils se demandent même s'il faut continuer à en faire, étant donné les prédictions démographiques, économiques et climatiques. C'est assez étonnant de constater qu'il prennent en compte un horizon proche dans ce genre de questionnement, mais il ne leur serai jamais venu à l'idée de s'interroger au regard de la fin du sytème solaire, de l'univers ou de je ne sais quelle autres catastrophes ou cataclysmes lointains. Pourquoi ? Et bien ils n'ont pas compris que ce qui les inquiette, ce n'est pas tant l'existence plus ou moins proche d'un avenir pourri que le fait d'être directement témoin du sort de leurs enfants. Et en fait contrairement à la bonne morale, ce n'est pas un problème de conscience collective mais un problème totalement nombriliste du type "j'ai peur de pas me sentir bien à cause d'un sentiment de honte, à cause d'une potentielle confrontation directe et douloureuse avec le regard de mes enfants et en fait je me fous de savoir ce qu'il adviendra de ma descendence quand je mourrai puisque qu'il est absurde de craindre la douleur après la mort". Si on continue dans l'absurdité, l'idéal serait au fond de mourrir juste après avoir enfanté. lol. Evidemment non. Mais c'est mignon de voir qu'on se plante de motif pour mettre en cause l'avenir et le bohneur de nos enfants. Je vous laisse méditer sur notre sainte nature humaine...

    Bise a toutes et à tous.