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Idée roman pour Bernard Werber (ou un autre... mais bon je préfere bw))Monsieur Werber.... Vous avez présenté le film "Nos amis terriens" au Pathé Masséna à Nice mercredi 11 Avril 2007. Un ami qui s'y était entretenu avec vous m'avais appris que vous vous êtes finalement assez accessible malgré votre popularité . J'en profite donc pour vous faire part d'une idée qui me trotte sérieusement dans la tête depuis plusieurs années... Sauriez-vous s'il est possible de populariser, de rendre accessible un sujet philosophique qui actuellement (et depuis un bon momentdivise la communauté scientifique et philosophique, à savoir le problème des représentations subjectives ? En bref, le problème consiste à se demander naïvement si par exemple l'impression subjective que je "perçois" du "rouge" est la même que la votre (mon "rouge" intérieur serai votre "bleu" intérieur). Il s'agit aussi de se demander si, bien que sachant tout de la neurobiologie de la perception visuelle des couleurs et de la production physique de la lumière, un scientifique omniscient possède une connaissance nouvelle du rouge la toute première fois qu'il le voit. Quelle est la nature de cette connaissance ? A partir de là deux grands courants de réponses se distinguent : 1) Le physicallisme qui voit l'hypothèse de l'existence de représentations subjectives (ou qualias comme l'appellent certains) comme une porte ouverte sur le mysticisme et donc irrecevable pour la science: Mes représentations subjectives sont des propriétés intrinsèques du monde qui m'entourre. 2) Le subjectivisme qui essaie de trouver le moyen de développer, de comprendre, voire de prouver leur existence dans le cadre d'une épistémologie nouvelle. En clair il s'agit de comprendre comment, de l'activité hautement parallèle et distribuée des réseaux neuronaux, émergent ces représentations internes alors qu'il semble n'y avoir strictement rien de commun entre une représentation subjective élémentaire du rouge et la nature physique du phénomène perçu : des photons, des longueurs d'ondes... des impulsions neuronales électrochimiques. Ce sujet devient interéssant lorsqu'on le place dans un certain contexte: Contexte : 1 - Le monde immédiat et famillier est de moins en moins sujet au mystère : société, comportement, amour, spiritualité, peur de la mort mais aussi énergie, matière, écosystème, plus rien ne semble avoir de secret. Le monde aurait-il perdu de ce charme innocent qui pousse les gens à la poésie et au questionement ? En particulier : une telle connaissance des sous bassements les plus intimes de notre histoire personnelle et sociale peut-elle décourager face à notre propre échec expliqué, ou bien encourager vers le succès ? Il y a t-il responsabilisation à outrance ou bien déresponsabilisation indolente ? Les actes ont tous perdu l'innocence d'un échec ou d'un succès possible. Tout semble explicable. Tout semble calculable, jusqu'à la pensée, l'imagination et l'amour même!! Ignorer les nouvelles règles serait de la fumisterie ? La science nous dépossèdent-elle de notre créativité et de nos caractéristiques les plus intimes ? Au final : les représentations subjectives sont-elles les terra-incognita, les trésors d'individualité qui nous resterons personnels à jamais ? Que nous resterait-il de naïf une fois la science parvenue à les décrire ou les nier ? 2 - Les scientifiques s'accordent plus ou moins à penser que la recherche d'une équation unique s'apparente à la recherche de Dieu. Presque rien ne semble freiner cette quète menée à coup de milliards d'euros et de siècles x hommes de recherche. Avec l'espoir de trouver des lois plus subtiles, plus unifiées, technologiquement exploitables, jusqu'au fantasme de reproduire en vrai la science-fiction. La science prend-elle un malin plaisir à tout nous expliquer et condenser ou bien à nous émerveiller devant l'inconnu de plus en plus rare ? 3 - Aujourd'hui encore la science regorge de limites conceptuelles d'autant plus criantes que les progrès accomplis l'obligent à se fondre avec l'épistemologie afin de mieux cerner la puissance explicative de ses résultats mais aussi la signification d'une "explication" (!!). Ce qu'on a pu voir par exemple à la suite d'expériences de pensée du type "Le chat de schrödinger", la paradoxe EPR en physique quantique, les propriétés du vide, et plus récemment les expériences édifiantes portant sur le temps menées en laboratoire. Il ya un fossé explicatif entre l'interprétation et le résultat de l'expérience et la démonstration de la théorie testée. Une théorie ne se contente plus qu'on ouvre les yeux et regarde simplement. il faut des ordinateurs, des calculs mathématiques... On perd le contact direct avec le résultat, on se demande si la science sait parler de la réalité. Ce que nous faisons de la science prétend bel et bien démontrer que le monde n'est pas du tout fait tel qu'on le voit. Conclusion : Les gens semblent spontanément se ranger parmis les physicalistes. Les rares qui voient dans la questions des représentations subjectives des couleurs un épineux problème, sont - je ne sais pas pourquoi - des personnes enclines à la rêverie, à l'isolement et à la recherche du mystérieux. Il m'est à chaque fois très difficile de sensibiliser les physicalistes "spontanés" sur cette question puisqu'ils semblent ne pas avoir accès à sa signification. Cela peut vouloir dire plusieurs choses : 1) je ne sais pas m'exprimer ou 2) ça n'intéresse personne ou 3) le sujet est réellement absurde ou etc. Les 3 thèmes du contexte sont là pour introduire des liens intéressant à exploiter : Existance de dieu, Force unique, Recherche du mystère, Espace de liberté et (con)science, Amour, mort, Technologie. Tout peux y passer pourvu qu'une belle introduction à la question du subjectivisme reste cohérente. Personnellement je perçois cette question comme une brèche dans le tout-matériel, et ce bien que je sois passionné de science et de vérités dans tous les domaines. J'ai passé beaucoup de temps à essayer de comprendre ce qu'est ce film déroulé en couleur et son panoramique dans ma tête. Pendant un temps, je me suis rangé, vaincu, dans le camp de l'argument physicaliste: ce que ma conscience voit est une vue directe sur les propriétés du monde. Le rouge est bel et bien un aspect physique d'une onde électromagnétique d'une certaine longueur d'onde parvenant à un cône visuel de sensibilité adaptée au rouge. Mais finalement cela ne me convient plus. J'ai aussi laissé de coté la recherche d'une réponse. La question mérité de rester intacte, comme une bijou rare qui fait un clin d'oeil chaque fois qu'on le regarde pour se rappeler d'éviter de trouver une explication exigeante, rationnelle et responsable à tout ce que nous faisons. Y'a t'il matière à roman d'aventure ? Je vous laisse juger et exploiter si ce n'est pas déjà fait. |
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